J'avais envie de vous faire partager mon intérêt pour le mouvement surréaliste et donc pour certains de ses grands acteurs.
Voici donc le portrait du plus breton des surréalistes : Yves Tanguy.
Il nait en 1900 à Paris de parents d'origine bretonne. En 1918 il entre dans la marine marchande, en 1920 fait la rencontre de sa future femme et alors qu'il fait son service militaire, fait la connaissance de Jacques Prévert. C'est en 1925 qu'il fait une rencontre capitable qui déterminera le reste de son existence : C'est une véritable révélation lorsque qu'il croise sur son chemin André Breton. Il adhère tout de suite aux idées et principes de ce dernier sur le rôle capital de l'inconscient et du rêve dans notre existence.
Breton s'enthousiasme pour la peinture de Tanguy, des paysages aux formes étranges et quasi aquatiques. Son oeuvre préfigure la science fiction contemporaine : comment ne pas faire le rapprochement avec Moebius? ou les visions disloquées de Francis Bacon ?
A partir de 1928, Tanguy traverse une période de grandes difficultés matérielles d'autant que son oeuvre ne rencontre pas l'attention espérée. Il apprend la gravure, illustre les ouvrages de ses amis poètes mais, face à une durable incompréhension, songe à quitter la France. En 1939 il part pour New York, et se remarie en 1941 avec le peintre Kay Sage. Débute alors une collaboration fructueuse avec le galériste Pierre Matisse, son ami d'enfance. C'est en 1955 qu'il meurt d'une hémorragie cérébrale dans sa ferme du Connecticut.
Selon ses derniers voeux, ses cendres - ainsi que celles de sa femme qui se suicide en 1963- sont dispersées dans la baie de Douarnenez par Pierre Matisse.
Qu'est-ce
qui fait donc la spécifité de la démarche du
peintre ?
Féru de tous les jeux collectifs que Breton recommandait à ses troupes, cadavre exquis en tête, Tanguy n'était en fait animé que par une seule intention :
Défricher toujours plus avant les terres de l'inconnu
Parce que l'inconnu l'assurait de la possibilité d'une liberté.
Au nom de cette liberté, l'artiste revendiquait le fait de ne pas réfléchir, mais seulement de peindre, et c'est en son nom encore qu'il déclarait posséder "une seule invention à moi tout seul : j'ai supprimé la ligne qui sépare l'eau du ciel"
Cultivant l'étrange, le mystère et l'innommable, le monde de Tanguy échappe à tout entendement.

Une exposition lui est dédiée au musée des beaux arts de Quimper jusqu'au 30 septembre...alors n'attendez plus. Prenez votre billet !
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